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Comprendre les troubles dys

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Publié le 02.03.2020 à 17h14 
(mis à jour le 09.09.2020 à 15h27)

Dyslexie, dyspraxie, dysphasie, dyscalculie, dysorthographie :  pas facile de s’y retrouver parmi ces troubles des apprentissages qui touchent pourtant 8% des enfants par classe d’âge. On fait le point avec le Dr Catherine Billard, neuropédiatre. 

Qu’appelle-t-on les troubles dys ? 

Dys est un générique, mais il existe une très grande diversité. Ce sont des troubles neuro-développementaux altérant durablement et spécifiquement le développement d’un apprentissage ou d’une fonction cognitive. Ils ne s’expliquent pas par une pathologie sensorielle ou intellectuelle, neurologique ou psychiatrique. Ils peuvent concerner une ou plusieurs fonctions cognitives comme le langage écrit ou oral, les gestes, la motricité. Leur nature et leur sévérité varient d’un enfant à l’autre et il est fréquent qu’un enfant soit atteint de plusieurs troubles en même temps.

Les troubles les plus connus et répandus sont ceux de l’acquisition du langage écrit : 

  • la dyslexie : difficultés à déchiffrer et transcrire.
  • la dysorthographie : difficultés à faire le lien entre signe écrit et phonétique, et dans les règles d’accord. 

 Il y a aussi ceux du développement du langage oral, plus rares :

  • la dysphasie : difficultés de communication orale.

 Les troubles du développement moteur et ou des fonctions visuo-spaciales : 

  • la dyspraxie : difficultés à se repérer dans l’espace.

Et les troubles des activités numériques : 

  • La dyscalculie : difficultés avec le calcul mental et les chiffres.

Quand ces troubles sont-ils repérés ? 

Avant 6 ans on peut repérer une dysphasie ou un trouble du langage oral. Par exemple : l'enfant ne fait pas bien les phrases, supprime des consonnes, prononce mal les mots, ne fait pas de phrases, inverse sujet et verbe. Si on le comprend et qu’il fait des phrases, on ne s’inquiète pas avant 5 ans. Pour les autres troubles, selon notre spécialiste, on peut difficilement s’en rendre compte avant 6 ans : 

« Les autres troubles ne peuvent pas être repérés avant 6 ans et le CP. Par exemple pour le calcul, on note dès le CP les signes de gravité : un enfant qui n’arrive pas à lire les nombres, ne comprend pas leur sens. »

Lorsque l’on remarque des difficultés liées à l’un ou l’autre des troubles dys, il vaut mieux ne pas trop attendre avant de faire dépister l’enfant :

« Le repérage des troubles doit être précoce. C’est ce qui fait que ça s’améliore : intervention pédagogique précoce, rééducation. C’est fondamental. Le repérage précoce diminue les conséquences d’une dysphasie, améliore le langage oral et son intelligibilité. Et ça peut éviter des conséquences néfastes avec la prise en charge, c’est  l'avenir personnel, scolaire et social de ces enfants qui est en jeu. »

Des difficultés, mais pas une fatalité

Avec la rééducation, les séances d’orthophoniste, d'ergothérapeute, ou l’aide d’une AVS à l’école, l’état des enfants atteints de troubles dys tend à s’améliorer. Il faut garder à l’esprit que ces troubles ne s’aggravent généralement pas et que c’est essentiellement durant la période scolaire qu'ils peuvent être un handicap. Les adultes sont moins gênés, car ils apprennent à compenser. Un message positif que tient à dispenser le docteur Billard : 

« On a déjà vu des enfants dysphasiques qui parlent bien à 8-9ans alors qu’ils ne parlaient pas à 6 ans. On ne guérit pas mais on vit avec. L’objectif de la prise en charge est d’aider les enfants à compenser dans les autres domaines. D’où l’importance de la connaissance de ces troubles rapidement. Et Il faudrait avoir plus d’attrait pour les talents que pour les difficultés. Il ne faut pas négativer l’enfant ni anticiper l’avenir. Ces enfants ont des talents conservés dans d’autres domaines. »

La rédaction de La Maison des Maternelles