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Comprendre les TOC

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Publié le 08.09.2021 à 14h56 
(mis à jour le 08.09.2021 à 15h09)

Docteur Kochman, pédopsychiatre, répond à toutes nos questions sur les TOC.

LMDM - Qu’est-ce qu’un TOC ?

Dr Kochman - TOC : Trouble Obsession Compulsion. Une obsession qui est hyper angoissante. Par exemple, l’obsession d’avoir les mains sales. Cette obsession est grandissante. On va alors trouver une pseudo-solution : un geste que je me sens obligé de faire pouR soulager mon obsession, par exemple utiliser du gel hydro-alcoolique. Ça envahit la vie, car au fur et à mesure l’obsession augmente. Cela peut prendre pleins de formes. Ça peut être une obsession de la symétrie avec des pensées magiques comme « si je ne mets pas cette chose comme ça, il va arriver ceci »

N’a-t-on pas tous des TOC ?

Une personne sur 2 a une tendance aux TOC. Mais on ne va pas parler de TOC à partir du moment où ça n’envahit pas la vie. On va s’inquièter d’un TOC si cela impacte sa vie sociale, familiale, professionnelle ou scolaire. Si l’enfant a quelques rituels du coucher où il veut que sa mère lui fasse 3 bisous, c’est gerable ! Tandis ce que si l’enfant commence à vouloir se laver 100 fois par jour, où ne plus vouloir aller à l’école pour ne pas toucher sa table etc… Là, c’est une souffrance.

Quelles sont les causes des TOC ?

C’est multi-factoriel. Il y a aussi un fort facteur génétique. Il y a les facteurs d’environnements. Souvent, c’est un stress sur un stress, ça part souvent d’un « cumul de stress ». Par exemple, l’enfant apprend que ses parents vont divorcer, il se retrouve en classe de SVT où il voit un film sur les acariens qui grouillent par milliers. Là, l’enfant va se mettre à devenir maniaque, épouster son lit, etc… C’est le problème du TOC, à chaque fois qu’on fait sa compulsion, on augmente le TOC.

Ma fille de 10 ans a des TOC de vérifications. Pour gagner du temps, je rentre dans son jeu. Est-ce la bonne chose à faire ?

Ne pas rentrer dans son jeu, car quand on fait cela on consolide le symptôme. Je prends en exemple le tabac, qui est une forme de TOC : on a l’obsession d’aller s’en griller une, on a cette compulsion, on est faussement soulagé mais on sait que chaque cigarette va aggraver l’obsession. Si vous avec un conjoint qui fume, et que vous lui dites « vas y, fume un peu, tu vois bien que tu es un peu stressé, reprends-en une… » ça n’a pas de sens. Pour cette raison logique, on ne rentre pas dans le TOC. Il y a la phase pleine aïgue, où l’on va stabiliser son enfant et l’aider à se rassurer, mais ensuite, on va lui expliquer, que c’est un TOC, que ça se soigne. Car au fur et à mesure, plus on le fait, plus on aggrave le TOC. À chaque fois qu’on fait sa compulsion, on aggrave encore plus les obsessions pour la fois suivante. Ce qu’on fait en thérapie, c’est une « exposition » c’est-à-dire qu’on va amener son enfant à faire exprès de, par exemple, ne pas faire de symétrie, et détourner son attention sur autre chose. En s’exposant à son TOC, on peut tout à fait déjà l’apaiser.

La rédaction de La Maison des Maternelles