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Comment se protéger des perturbateurs endocriniens enceinte ?

Publié le 26.06.2020 à 11h08 
(mis à jour le 30.06.2020 à 10h58)

On commence à le savoir, les perturbateurs endocriniens sont partout : nourriture, boissons, produits ménagers… Comment s’en protéger lorsqu'on est enceinte ? On vous répond. 

 

Dr Véronique Bied Damon est gynécologue spécialisée dans les techniques d’assistance médicale à la procréation, elle nous donne des astuces pour se protéger des perturbateurs endocriniens lorsque l’on est enceinte. 

L’iode, une bonne protection 

L’iode favorise le bon fonctionnement de la thyroïde et le système endocrinien. On peut donc en prendre comme compléments alimentaires quand on est enceinte et consommer des aliments riches en iode. 

Par ailleurs il existe trois façons d’être en contact avec les perturbateurs endocriniens, et donc trois voies d’absorption à protéger. 

Voie orale : l’alimentation 

Pour se protéger de l’ingestion de perturbateurs endocriniens les professionnels conseillent de privilégier au maximum une alimentation sans pesticides : donc de consommer des fruits et légumes et même de la viande issue de l’agriculture biologique. Notre spécialiste conseille également d’éviter l’alimentation industrielle, souvent très chargée en additifs divers, notamment en conservateurs, en colorants et en édulcorants. Ceux-ci sont signalés dans la composition avec la lettre E.

Le contenant a aussi son importance, privilégiez le verre au plastique : 

« Pour l’emballage plastique des aliments, on retrouve du bisphénol A dans les boîtes de conserves. Si vous réchauffez l’aliment dans l’emballage, c’est là que les plastiques se rejettent dans l’alimentation. Dans les bouteilles, cela dépend de la composition du plastique. Pour s’y retrouver, il y a un code sur les emballages, un numéro dans un petit triangle qui indique le composant : si c’est 1, c’est correct. Par contre, si c’est un code 3 (phtalates) ou 7 (bisphénol A), ce n’est pas bon. »

Il est bon aussi de vérifier la teneur en nitrites et en pesticides de l’eau du robinet de sa région et s’il le faut, préférer boire de l’eau minérale là aussi en choisissant davantage des bouteilles en verre. La filtration de l’eau du robinet est aussi une bonne façon de se protéger. 

Voie respiratoire 

Pour éviter la contamination par les voies respiratoires plusieurs astuces simples peuvent être mises en place : 

  • Une aération régulière de la maison, au moins 10 minutes par jour. 
  • Utiliser des produits d’entretien ayant un éco label ou dans la mesure du possible, des produits naturels faits maisons. 
  • Utiliser des peintures limitant l’exposition à des composés organiques volatiles. Marquées A+ sur l’emballage. 
  • Éviter tous les produits de diffusions de parfum d’intérieur : bougies, diffuseurs, etc. Ainsi que les insecticides. 
  • Bannir la cigarette au maximum. 

Voie cutanée : cosmétiques et vêtements 

Les principaux perturbateurs endocriniens que l’on retrouve dans les cosmétiques sont notamment le phénoxyéthanol et les parabènes, il est essentiel de les éviter lorsque l’on est enceinte : 

« Il faut repérer les produits labellisés cosmétiques BIO qui garantissent l’absence de parabènes et de phenoxyethanol. Hélas, il n’existe aucune réglementation officielle concernant la cosmétologie. Il est préférable d’éviter les grandes marques qui pour leur publicité font du « green washing » mais qui au final remplacent le parabène par des molécules encore plus toxiques ! Il faut aussi éviter de faire des colorations durant la grossesse. Pour les vêtements, il y a ce que l’on appelle des « retardateurs de flammes » qui sont de puissants perturbateurs endocriniens. Certains vêtements ont une certification « OEKO-TEX ». C’est-à-dire qu’ils ne contiennent pas de produits toxiques pour la peau, ça limite l’exposition. Il ne faut pas avoir peur de tout, et on ne peut pas tout changer, mais pendant la grossesse il faut être attentif. »

La rédaction de La Maison des Maternelles