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Comment garder son calme face aux colères de son enfant ?

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Publié le 15.09.2021 à 16h45 
(mis à jour le 15.09.2021 à 16h57)

Caroline Goldman est psychologue pour enfants, elle nous conseille sur l’attitude à avoir lorsque votre enfant pique une crise.

Un enfant qui hurle, se roule par terre, crie, tape… De nombreux parents sont confrontés à ces scènes de colère, qui peuvent parfois les laisser désemparés. Il peut être difficile, alors, de garder son calme. Hélène, maman, écrit :

« Comment réussir à garder son calme et ne pas exploser en retour, face à des crises de colère ? Surtout quand celles-ci se répètent plusieurs fois par jour et que nous sommes fatigués ? »

Caroline Goldman psychologue pour enfants et adolescents et auteure du livre File dans ta chambre chez InterEditions, répond :

« Je suis, entre guillemets « contre » garder son calme ! Je suis pour garder le calme, mais en mettant immédiatement la mise à l’écart, le time-out. »

Et si l’enfant ne veut pas aller ou rester dans sa chambre ?

Ce que la spécialiste appelle le "time-out" est le fait d'exclure l'enfant dans sa chambre ou toute autre pièce sécurisée, sans écran et éloignée de l'espace commun, précise-t-elle dans son ouvrage File dans ta chambre. Malgré tout, il peut arriver que l'enfant ne veuille pas y aller, ou n'y reste pas. Caroline Goldman explique alors :

« Ça veut dire que l’intimidation n’a pas eue lieu. C’est un point très important. Dans l’histoire d’Emilie, par exemple, la maman est beaucoup dans la séduction, le papa est beaucoup dans ce que j’appelle le "marionnestime". C’est le papa "garde du corps" qui accompagne physiquement l’enfant pour faire ce que les parents veulent (ici par exemple : aller dans sa chambre, NDLR). Sauf que l’interdit pulsionnel n’est pas internalisé, sur le plan psychique. Le marionnettiste s’en va et l’enfant redevient volcanique et incontrôlable. »

Caroline Goldman recommande plutôt de poser clairement les limites à l’enfant :

« Je préfère 2 parents qui plantent leurs regards dans celui de l’enfant et qui disent : "Maintenant, on va arrêter de faire les marionnettistes, on va arrêter de te répéter sans arrêt les mêmes choses, de te gronder, mais à chaque fois que tu seras casse-pied, que tu n’obéiras pas, que tu te mettras en danger ou que tu mettras en danger tes frères et sœurs, ou que tu nous malmènera nous, tu seras puni.e dans ta chambre : est-ce que c’est bien compris ?" Et ça, ça suffit. C’est une histoire de posture. »

La piste de la psychanalyse 

Il peut être intéressant, également, si votre enfant a des difficultés comportementales et que vous peinez à lui poser des limites éducatives, de porter un regard psychanalytique sur la situation, explique la psychologue :

« Les réponses ne peuvent pas être strictement comportementales, c’est pour ça que j’aime la psychanalyse de tout mon cœur ! Il y a des racines à cette difficulté de se positionner comme une girafe face aux fourmis ! Pourquoi certains parents ont 10 enfants qui filent tous droits, qui sont adorables, créatifs, joyeux, fraternels, etc ? Et pourquoi d’autres en ont 2 et se laissent complètement déborder ? J’en vois dans mes consultations : ils m’amènent une "mouche" et me la présente comme un dragon : "il.elle nous maltraite" ; "il.elle est diabolique", etc. Et moi, je vois une petite mouche énervée. J’ai internalisé la différence des générations : je le vois comme il, ce petit moucheron. »

La rédaction de La Maison des Maternelles