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Comment accompagner mon ado complexé ?

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Publié le 13.09.2021 à 13h43 
(mis à jour le 13.09.2021 à 17h53)

Que dire -ou ne pas dire- à son enfant complexé ? Sophie Braun, psychanalyste et psychothérapeute, nous répond.

Magali a un fils de 12 ans, très complexé par son poids. Elle raconte :

« Mon fils fait 1m65 pour 68kg, il est très complexé et cela joue sur sa scolarité. Comment l’accompagner, et quelles erreurs ne pas commettre en tant que parents ? »

Être attentif sans en faire trop

Sophie Braun, psychanalyste et psychothérapeute et auteure de « C’est quand la vie ? Paroles de jeunes, éclairage d’une psy » aux éditions du Mauconduit, explique :

« Il faut être à la fois attentif au complexe. Le complexe est l’expression d’une souffrance, donc il faut être à l’écoute de cette souffrance. Mais il faut se dire que ce n’est pas le complexe en lui-même qui est la souffrance. Il faut être attentif à ce que l’enfant exprime, mais ne pas non plus en faire quelque chose d’encore plus fort. Si on lui en parle tout le temps, si on est trop attentif, si on souffre avec lui, il va finir par se dire que c’est vraiment grave. »

Tout est question d’équilibre, précise la spécialiste :

« On est, en tant que parent, toujours sur ce « fil » : être attentif, sans dramatiser. Réagissons avec notre amour, notre bon sens. Acceptons aussi de nous tromper : n’ayons pas de complexe de parents ! »

Ne pas nier

Mais alors, dans le cas de Magali, devrait-elle proposer à son fils de faire du sport ou revoir son alimentation ? Pour la psychothérapeute, il est important de ne pas nier le problème :

« Dans le cas de Magali, elle peut faire attention aux repas. Ça ne sert à rien d’être dans le déni, ça ne sert à rien de dire à son enfant qu’il n’a pas de problème de poids si effectivement il y en a un. Lui, il le pense, si on lui dit qu’il n’en a pas, c’est contre-productif. On peut aussi contraindre les enfants. Aujourd’hui on est dans un mode éducatif où le ne contraint plus. On peut l’inscrire à un sport. C’est difficile car s’ils ont un complexe, ils ne vont pas vouloir aller dans un club de sport… On est dans un mécanisme qui boucle un peu. Il ne faut pas les contraindre à faire des choses qui pourraient être humiliante, et en même temps il faut les aider à trouver les ressources en eux pour qu’ils arrivent à se dire « oui, je peux aller faire du sport, il y en aura d’autres qui auront peut-être des kilos en trop, et ce n’est pas si grave que ça. »

La rédaction de La Maison des Maternelles