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Chute des naissances prématurées pendant le confinement

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Publié le 08.09.2020 à 15h18 
(mis à jour le 09.09.2020 à 15h27)

Plusieurs pays ont noté une baisse du nombre de naissances prématurées pendant le confinement.

90% de naissances prématurées en moins au Danemark

Le constat a commencé au début du mois d’avril en Irlande, par le Dr Roy Philip, néonatologiste à l’University Maternity Hospital Limerick. Le docteur remarque que le nombre de commandes pour du lait maternel destiné aux bébés prématurés a chuté. La raison ? Aucun prématuré n’est né depuis le début du confinement.

Le Dr Roy et son équipe se penchent alors sur les chiffres, en se basant sur le poids de naissances des bébés. Le résultat est édifiant : habituellement, les prématurés pesant moins d’1,5 kilo représentaient environ 8 naissances pour 1000. Sur la même période en 2020, ce chiffre est divisé par 4. Il en est de même pour les bébés naissant à moins d’1 kilo, représentant auparavant 3 naissances pour 1000. Au printemps 2020, aucun bébé n’est né avec ce poids.

Le phénomène a été remarqué dans d’autres pays, et notamment au Danemark, qui a noté une chute de 90% de naissances prématurées entre le 12 mars et le 14 avril 2020.

Et en France ?

Selon notre sage-femme Anna Roy, ces chiffres doivent maintenant être étudiés par la France :

« Il y a plusieurs réflexions à faire. Les chercheurs se demandent pourquoi ? Est-ce que c’est la baisse de la pollution ? Le fait qu’il y ait moins d’infection ? Est-ce que c’est le fait que les femmes se soient reposées ? Il y a beaucoup de pistes à creuser ! Il faut que la France s’y mette. »

Car, comme Anna Roy le rappelle, "la prématurité est un fléau, c’est 15 millions de bébés prématurés par an qui naissent dans le monde et 1,1 million d’enfants qui décédent.

Pour un congé pré-partum allongé 

Toujours selon Anna Roy, la durée du congé pré-partum -avant l'accouchement- devrait être allongée :

« Ce que j’ai toujours pensé moi, c’est que le congé pré-partum qui est de 6 semaines aujourd'hui est vraiment insuffisant. C’est très inégalitaire : une femme peut avoir un patron très compréhensif, qui va lui dire de s’arrêter plus tôt, alors qu’un autre lui dira simplement que la grossesse n'est pas une maladie, même si la femme piétine toute la journée ou doit être debout. Il y a aussi des boulots qui sont stressants mentalement. Il faut 12 semaines pour toutes. 12 semaines qui soient reportables, pour que celles qui se sentent bien puissent continuer a travailler. Il est urgent d’essayer cette mesure. »

La rédaction de La Maison des Maternelles

Expert

Anna Roy

Sage-femme

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