france.tv

Césarienne et suites de couches

Publié le 22.02.2021 à 14h15 
(mis à jour le 05.07.2021 à 15h46)

Cicatrisation, mise en route de l’allaitement, future grossesse… Dr Louis Marcellin, gynécologue-obstétricien à la maternité Port-Royal à Paris, répond à toutes vos questions sur la césarienne et les suites de couches.

LMDM - À quoi-doit-on s’attendre en matière de suites de couche après une césarienne ?

Docteur Louis Marcellin - La césarienne reste une opération, les suites de couches sont évidemment plus longues et plus inconfortables qu’un accouchement voie basse. Le souci majeur c’est la douleur de la cicatrice et de vraies crampes abdominales liées à l’ouverture de la paroi. Il peut également y avoir des infections, des hématomes…

Quel est le suivi médical à court et long terme des cicatrices internes et externes ?

Il y a deux situations :

  • Soit on a un abcès sous-cutané superficiel, on enlève une agrafe ou deux et on fait un soin avec une infirmière.
  • Soit il y a un abcès à l’intérieur de la peau et on doit parfois rouvrir pour drainer l’abcès.

Une fois que c’est cicatrisé, ça ne fragilise pas la cicatrice et à long terme, pas de précaution particulière. Il y a juste la consultation post-natale qui doit être faite 6 semaines après. La cicatrice reste rouge et inflammatoire plusieurs semaines et la version définitive n’apparaît pas avant 6 mois. La ligne peut rester rouge sans douleur. Si la douleur est insupportable on consulte, mais la perte de sensibilité ou la gêne au niveau des angles est lié au nœud.

La césarienne empêche-t-elle la mise en route de l’allaitement ?

Le fait d’avoir une césarienne est moins évident pour porter son bébé dans les bras. C’est aussi plus difficile de se lever. On rajoute aux difficultés de la mise en route de l’allaitement, les contraintes de la césarienne. D’autant plus que si la césarienne a été programmée, la montée de lait peut se faire difficilement.

Pourquoi la règle veut qu’après 2 césariennes, le troisième accouchement soit aussi une césarienne et ne se fasse pas par voie basse ?

La règle c’est qu’un utérus cicatriciel ne contre-indique pas un accouchement voie basse ensuite. Cependant, il y a des critères à respecter : il ne faut pas qu’il y ait d’obstacles mécaniques à la naissance. C’est pour cela qu’à Port-Royal nous faisons des radios du bassin pour vérifier que le bébé passe. Ensuite, la conduite du travail doit être optimale c’est-à-dire qu’on ne tolère pas que le col stagne plus d’une heure.

Et de manière générale, après deux césariennes le troisième accouchement sera aussi une césarienne. Mais depuis peu à Port-Royal on teste une politique de voie basse pour les utérus bi-cicatriciel. Mais attention, il y a des critères bien particuliers.

Pour de nombreuses femmes la césarienne reste un traumatisme, notamment parce que la mère est séparée de son bébé. Comment améliorer ce vécu ?

Il y a énormément de femmes pour qui ça se passe bien. Je pense qu’il y a une mauvaise communication dans l’annonce de la césarienne même si c’est urgent il faut dire aux parents pourquoi on part au bloc.

Ensuite il y a la douleur si la péridurale n’a pas bien fonctionné, ainsi que la séparation du nouveau-né. C’est encore compliqué de mettre en place la surveillance du bébé en salle de réveil. Néanmoins on tente de tout faire pour maintenir le lien même avec un bébé prématuré, on tente d’amener le bébé dans sa couveuse en salle de réveil.

Souvent la césarienne programmée est d’ailleurs mieux vécue car elle est anticipée et la consultation pré opération permet aux parents de poser toutes leurs questions.

La rédaction de La Maison des Maternelles