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C'est quoi, les violences obstétricales et gynécologiques ?

2 min de lecture
Publié le 02.06.2020 à 16h35 
(mis à jour le 02.06.2020 à 17h27)

L'Institut de Recherche et d'Actions pour la Santé des Femmes (IRASF) a répondu à nos questions sur les violences obstétricales et gynécologiques. 

July Bouhallier et Basma Boubakri sont les co-présidentes de l'IRASF, l'Institut de Recherche et d'Actions pour la Santé des Femmes. Elles nous expliquent ce que sont les violences obstétricales et gynécologiques.

LMDM - Qu’est-ce que l’IRASF ?

July Bouhallier et Basma Boubakri : L’Institut de Recherche et d’Actions pour la Santé des Femmes est une association de défense des femmes victimes de violences obstétricales et gynécologiques. Sa mission est aussi la recherche des origines, des mécanismes et des conséquences des violences obstétricales. C'est une association dédiée a la santé génésique et aux besoins fondamentaux des femmes qui produit des données, des préconisations et des enquêtes. L’IRASF comporte également l’observatoire des violences gynécologiques et obstétricales. Sa mission consiste au soutien des femmes victimes et aux actions leur permettant d’obtenir réparation.

Pouvez-vous définir ce que l'on appelle les violences obstétricales et gynécologiques ?

Les violences obstétricales et gynécologiques sont constituées de gestes, de paroles et d’actes médicaux isolés ou cumulés qui ne sont pas justifiés ou nécessaires médicalement, qui s’opposent aux recommandations scientifiques, qui ne respectent pas le cadre légal et enfreignent la loi (exemple : imposer des étudiants pendant un soin sans le consentement de l'usagère) et qui portent atteinte a l’intégrité physique et mentale des femmes ainsi qu'à leur dignité.

La violence obstétricale consiste en tout acte abusif sortant du cadre des intérêts de la patiente tel que :

  • L’organisation du planning des équipes soignantes,
  • Le respect des protocoles hospitaliers parfois contraires à l’intérêt des patientes,
  • Le souci de protection médico-légale des soignants eux-mêmes et/ou de soumission aux impératifs des compagnies d’assurance, et toujours en dehors du consentement, des demandes et des besoins des femmes.
  • La violence obstétricale est aussi l’absence de médicalisation quand les femmes en expriment le besoin et/ou l’envie.
  • Il peut s’agir d’agressions physiques, verbales, de jugements et commentaires personnels, d’humiliations graves, de manque de confidentialité, de violations de l’intimité.

Quand est-ce que ces violences se produisent ?

Ces violences se produisent tout au long de la vie des femmes, de l’adolescence à leur mort et sont commises pendant les visites gynécologiques, ou le suivi en obstétrique pour la grossesse, l’accouchement et le post-partum, ainsi qu’à l’occasion de certain examens médicaux n’ayant rien à voir avec la sphère génitale.

à noter

Si vous pensez avoir été victime de violences obstétricales ou gynécologiques, n'hésitez pas à contacter l'IRSAF.
Marion Cousin