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À Bruxelles, une « boîte à bébé » pour les nourrissons abandonnés

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Publié le 06.10.2020 à 12h03 
(mis à jour le 09.10.2020 à 09h37)

Le dispositif permet aux mamans d’avoir la possibilité d’abandonner leur enfant, de manière anonyme et sécurisée.

Le conflit aura duré plus de 3 ans. Début septembre, le Conseil d’Etat belge a annulé l’interdiction d’ouvrir une « boîte à bébé » à Evere, une commune bruxelloise. L’association Corvia, en 2017, avait essayé d’installer cette boîte dans la ville, mais le bourgmestre (maire) de l’époque avait alors interdit le dispositif le jour de son installation, comme le rapporte Le Soir.

Grâce à cette décision, la boîte à bébé devrait être mise en service au mois d’octobre. Si une mère, ou un parent en détresse décide de confier son bébé, il peut désormais se rendre au 405 rue du Tilleul à Evere. Selon LCI, il suffit alors de taper un code indiqué sur une des fenêtres. Ce code va ouvrir une trappe dans laquelle se trouve un couffin sur lequel le parent dépose l’enfant. La trappe se referme ensuite et se verrouille.

Le 405 rue du Tilleul, à Evere : 

EVERE

Dans le même temps, un responsable est averti. Il doit alors contacter un médecin qui apportera les premiers soins à l’enfant. Il sera ensuite envoyé à l’hôpital pour enfants Reine Fabiola puis pris en charge dans la pouponnière en lien avec l’établissement avant d’être confié à une famille d’accueil.

Palier à l'interdiction d'accoucher sous X

Le parent, quant à lui, reçoit une enveloppe qui contient des informations sur l’acte d’abandon ainsi qu’une petite poupée unique qui permet d’identifier le parent de l’enfant s’il revient sur cette décision. Comme l’a indiqué à LCI, Aline Duportail, pédagogue à l’association Corvia, ce dispositif permet surtout de venir en aide à de nombreuses mères en situation de précarité qui n’arrivent pas à gérer un bébé.

Car il faut savoir qu’il est interdit d’accoucher sous X en Belgique et donc d’abandonner un bébé. Le parent, ou bien souvent, la maman, peut cependant revenir sur sa décision s’il confie son bébé à l’association. Il a alors 3 mois pour se faire connaître auprès de la justice, vu que l’abandon est considéré comme un délit en Belgique. La mère se voit alors infliger une sanction, comme l’explique Aline Duportail à LCI :

« Lorsque l’enfant est abandonné dans une "boîte à bébé", le parquet est en général plus clément. Il y a quand même une punition, qui peut consister à ne pas voir les enfants pendant une année, ou juste un week-end par exemple. Tout dépend des motivations et de la condition de la mère. »

En Belgique ce dispositif n’est pas une nouveauté. La première « boîte à bébé » a été installée à Anvers il y a 17 ans. Carla Dejonghe, députée bruxelloise, interrogée par la chaîne BX1, se défend du fait que ce dispositif pousserait les mamans à abandonner leur nourrisson :

« Je ne crois pas que ce soit une incitation à l’abandon. Quand on voir les chiffres à Anvers : il y a 10 bébés qui ont été déposés en 10 ans. Cela fait une moyenne d’un bébé par an. Et naturellement, on espère que jamais aucun bébé ne se retrouvera dans cette boîte. »

La rédaction de La Maison des Maternelles