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Bébé prématuré : vos questions

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Publié le 07.03.2022 à 15h30 
(mis à jour le 08.03.2022 à 08h44)

Dr Aline Rideau Batista Novais, pédiatre en réanimation néonatale à l’hôpital Robert Debré à Paris, répond à nos questions.

LMDM - À partir de quel terme un bébé prématuré est-il pris en charge ? 

Dr Aline Rideau : L’OMS définit la viabilité en France à 22 semaines d’aménorrhée et un poids de 500 grammes, mais en pratique il y a une grande variabilité pour des raisons de choix du corps médical ou des parents. Pour chaque situation à la limite de la viabilité c’est discuté au cas par cas, on se base sur le devenir de l’enfant, ses probabilités de survie, s’il y a des risques de séquelles ou pas et si oui quelles séquelles ? Il y a une réelle prise en compte des facteurs ante et périnataux.  

Quelles peuvent être les causes d’une naissance prématurée et peut-on rappeler les différents stades de prématurité ? 

On distingue différents stades en fonction de l’âge gestationnel :

- L’extrême prématurité avant 28 SA, c’est-à-dire avant 6 mois de grossesse.

- La grande prématurité entre 28 et 32 SA donc entre 6 et 7 mois de grossesse.

- La prématurité plus légère entre 32 et 34 SA c’est-à-dire entre 7 et 8 mois.

- Et enfin ce qu’on appelle la prématurité tardive entre 34 sa à 36 SA entre 8 et 9 mois.

Le devenir est assez différent en fonction de ces stades. Et pour ce qui est des causes, dans un tiers des cas on ne sait pas d’où ça vient. 

Les autres causes possibles sont une prématurité spontanée favorisée par des infections. Des causes induites c’est-à-dire quand on fait le choix d’accoucher prématurément pour sauver la mère, par exemple dans des cas d’hypertension très sévère, de pré éclampsie… Il y a aussi les cas où on fait accoucher la mère prématurément pour sauver le bébé cette fois, par exemple lorsqu’on observe un retard de croissance in utero avec risque de mort. 

Notre fils est né à 25 SA tout pile pour 750g. C'est une question très légère, mais que nous nous posons depuis le début : s'il était né à terme, aurait-il eu les mêmes traits du visage ?

C’est une question qui se pose, et ça questionne aussi sur l’impact des soins que l’on fait sur le visage des prématurés. Plus l’enfant nait tôt plus on utilise des systèmes d’aide respiratoire et donc plus ils peuvent impacter la forme du nez des bébés. Après dans les traits globaux de l’enfant, je ne crois pas que ça change, ils sont déterminés par la génétique.

Quelles sont les séquelles les plus courantes chez les prématurés ? 

Celles qui ont le plus d’impact sur la vie des parents ce sont les séquelles neuro-sensorielles car elles ont plus de répercussions et sont multiples : motrices, auditives, visuelles. Ça peut aussi être des séquelles comme les troubles du comportement, les déficits d’attention, avec ou sans hyperactivité. Les troubles du langage, pouvoir s’exprimer, le graphisme, écriture, manipulation des objets fins. Le risque de développer des troubles du spectre autistique est multiplié par 10.  

Je suis maman de Livio, né à 27SA+3, à 780g. Quel suivi pour les enfants prématurés, faut-il un suivi au CAMPS, je nous trouve un peu lâchés dans la nature ? 

Oui il faut un suivi car le risque de trouble du développement est majeur. Ce suivi s’organise de façon différente selon notre lieu d’habitation, la plupart des régions dispose de réseaux de suivi périnatal qui s’appuient sur un vivier de professionnels exerçant soit en milieu hospitalier soit en en libéral et qui coopèrent avec les CAMPS (NDLR : Centre d’Action Médico-sociale Précoce). Après il y a des disparités régionales mais l’objectif des services hospitaliers c’est du suivre ces enfants jusqu’à leur 7 ans minimum et s’ils présentent des troubles, ce suivi se poursuit avec le professionnel adapté aux troubles. 

La rédaction de La Maison des Maternelles