france.tv

Baptiste, étudiant en fauteuil

3 min de lecture
Publié le 16.06.2021 à 17h06 
(mis à jour le 05.07.2021 à 16h07)

À 19 ans, Baptiste suit ses études de communication à Paris en vivant seul dans sa chambre d’étudiant. Le jeune homme, en situation de handicap, témoigne de son quotidien pour LMDP.

Dans la chambre d’étudiant de Baptiste sur le campus de la faculté de Nanterre, on trouve tout ce qu’on peut dénicher chez n’importe quel étudiant : collection de sneakers, posters et couette de l’équipe de France de football, télévision… La seule différence notable est que toutes les structures sont abaissées pour que l’étudiant de 19 ans y ait accès. Car Baptise souffre d’une maladie génétique, diagnostiquée à l’âge de 10 ans, qui l’oblige à vivre en fauteuil roulant :

« La chambre et la salle de bain ont été conçues exprès de façon à ce que je puisse entrer avec mon fauteuil et être le plus autonome possible. »

Au quotidien l’étudiant a besoin d’une auxiliaire de vie deux fois par jour :

« J’appelle une auxiliaire de vie le matin pour m’aider à me mettre dans la douche aussi. Et le soir pour m’aider à me mettre dans mon lit. Sinon la plupart du temps je suis autonome toute la journée. »

« On peut être étudiant en étant en fauteuil »

Conscient de ne pas être exactement comme tous les autres étudiants, Baptiste veut donner espoir à d’autres jeunes porteurs de handicap :

« Bien évidemment il y a des difficultés et la vie n’est pas parfaite. Mais le fait d’avoir un logement étudiant seul montre bien que l’on peut être étudiant, en étant en fauteuil et avoir la vie la plus normale possible. »

Pour se rendre dans son école de communication parisienne Baptiste fait appel à un taxi spécialisé. S’il pouvait, il prendrait les transports en commun mais en France malheureusement ils ne sont presque jamais adaptés aux personnes en situation de handicap, comme le souligne justement le jeune homme :

« À Paris et en France en général, les transports ne sont quasiment pas adaptés pour les personnes handicapées. Par exemple pour prendre le RER on dépend des gens : une fois sur deux l’agent n’est pas là, ou l’ascenseur ne fonctionne pas dans les gares. Et concernant le métro, il n’est pas du tout adapté pour les personnes handicapées, donc on est obligé de prendre les taxis. »

Des études en communication

Une fois arrivé à l’école. Baptiste retrouve ses amis et s’installe en salle de cours. Le jeune homme a déjà une idée assez précise de ce qu’il compte faire comme métier :

« J’aimerais m’orienter dans la communication des médias. Actuellement les grosses sociétés ont de plus en plus de quotas minimal pour les personnes handicapées. Cela nous permet, en tant que personnes handicapées, de pouvoir intégrer ce genre de groupes. »

Isabelle Meriaux, sa professeure de marketing est très fière de son élève :

« Ce que je perçois chez Baptiste c’est une grande force intérieure et une grande volonté d’avancer. Il est une source d’inspiration pour les autres étudiants qui peuvent se dire que c’est génial de pouvoir faire tout ce qu’il fait, de pouvoir réaliser les études qu’il fait dans une situation de handicap. »

Sensibiliser au handicap

Durant la pause déjeuner, les élèves se retrouvent autour d’une table le temps de dévorer un burger. Lina, 19 ans, amie de Baptiste ne voit pas de différence entre son camarade et les autres :

« Baptiste est un étudiant comme les autres. C’est notre ami. On le regarde pas comme "Baptiste quelqu’un d’handicapé". On le regarde comme "Baptiste". »

Chaque jour, en plus d’étudier comme tout le monde, Baptiste s’affaire aussi à une mission plus grande encore. Sensibiliser au handicap :

« Je veux aussi dédramatiser mon handicap en parlant et en en rigolant pour que les autres n’aient pas de frein, n’aient pas d’appréhension par rapport à cela. C’est très important pour moi. L’acceptation du handicap, la normalisation du handicap ça passe par la sensibilisation. »

La rédaction de La Maison des Maternelles