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Baby clash : "Après la naissance de notre fils, on a failli se séparer"

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Publié le 29.03.2022 à 12h15 
(mis à jour le 08.04.2022 à 17h57)

Alors que Mélina fantasmait sa vie de famille, l’arrivée de son premier enfant a provoqué de vives tensions dans son couple.

L'idéalisation de la vie de famille

Mélina rencontre son conjoint, Julien, à Paris, à 23 ans. Deux ans après, ils décident de fonder une famille. Lorsque Mélina tombe enceinte, la jeune maman idéalise sa future vie de famille :

« On se projetait beaucoup, mais surtout sur l’image de la famille que la société nous faisait fantasmer : lui jouant avec notre enfant, moi en train de préparer de bons petits plats le dimanche pour toute la famille... Une espèce de parentalité rêvée. Mon compagnon n'était pas très investi pendant la grossesse. Pour moi, ce n'était pas simple de voir mon corps changer. Au début, je n'avais plus aucune libido, et après beaucoup, mais lui non, c'était impossible pour lui. Nous n'étions jamais en accord. »

L’arrivée du bébé et la charge mentale

Après un accouchement fatiguant avec césarienne, Mélina connaît un retour à la maison très difficile, sous le signe de la charge mentale, et aux côtés d’un mari désinvesti :

« Julien se désinvestissait de son rôle de père. Il ne s’est pas senti papa à la naissance de Louis. Il a repris très vite sa vie d’avant, il rentrait du travail, après 1h de sport, et s’étonnait de me voir « fatiguée ». Il pouvait passer des heures sur son téléphone à appeler des gens plutôt que de prendre le relais. En parallèle, les 4 premiers mois de ma maternité étaient difficiles, j’étais seule à m’occuper d’un bébé aux besoins intenses, qui faisait du RGO et pleurait beaucoup. J’ai commis l’erreur de partir du principe que comme Julien travaillait, c’était à moi d’assurer les nuits.  J'étais épuisée, et mon mari me disait « Pourquoi t’es fatiguée ? Pourquoi tu ne te reposes pas quand le bébé dort ? ». La seule personne à qui j’ai avoué mon extrême fatigue est mon gynéco qui m’a répondu :« C’est normal, vous êtes une jeune mère ! »

Au bout de 4 mois, Mélina apprend alors qu’un bout de placenta est resté dans son utérus et qu’il faut l’opérer d'urgence. Mais après l’anesthésie, elle fait sept crises de convulsions et se retrouve pendant 4 jours en coma artificielle. Son compagnon se retrouve alors dépourvu :

« Quand les médecins m’ont réveillée, ils ont compris que je faisais une grave dépression du post-partum et que j’étais si fatiguée que mon cerveau avait préféré continuer à dormir plutôt que de se réveiller de l’anesthésie. En réalité, depuis 4 mois, j’avais dormi 2h par nuit. Quand le diagnostic a été posé, je suis rentrée à la maison sous médicaments et dans l’incapacité totale de m’occuper de mon bébé. À partir de là, il a dû prendre ce rôle pour lequel il ne s’était pas préparé. »

Alors que les disputes deviennent courantes, le jeune couple décide de déménager à Aix-en-Provence. Seule à s’occuper de son fils de 1 an pendant que son compagnon fait des allers-retours à Paris, elle décide de créer son compte Instagram afin d'échanger avec d'autres parents sur ses difficultés.

Deuxième bébé, deuxième baby clash

Malgré leurs problèmes de couple, Mélina, souffrant d’une insuffisance ovarienne précoce, décide de se lancer dans une deuxième PMA. Elle tombe à nouveau enceinte. Elle accouche en mars 2020 pendant le premier confinement d’une petite fille, Zélie. Julien découvre alors les joies du congé paternité et prend son rôle :

« Ce confinement a été bénéfique pour Julien qui a pris son rôle de père pour de vrai : il s'est vraiment occupé de sa fille, il a vu ce que c'était de s'occuper d'un nourrisson... Il a compris ce que j'avais vécu pour Louis. »

Mais une fois que les deux parents reprennent le travail, les disputes reviennent de plus belle :

« Les conflits sont vite revenus lorsqu’il a repris le travail. Je faisais une formation à la maison pour devenir naturopathe, tout en m’occupant de nos deux enfants. Et comme je télétravaillais, pour lui, ce n’était pas du travail. Une nouvelle fois, le fossé s’agrandissait et les conflits redoublaient de violence. On a revécu un baby clash, mais qui venait cette fois de nos vies professionnelles, alors que nous avions un deuxième bébé. À cette période, je me disais que je n’avais plus aucun sentiment, je lui disais clairement à chaque dispute que je voulais divorcer. À la moindre contrariété, nous nous disputions. J’ai vraiment cru que ça allait se terminer. »

Un an après la naissance de Zélie, alors que le couple semble ne plus tenir, le mari de Mélina décide de la surprendre :

« C’était le jour de la fête des mères. Julien vient vers moi et me dit de préparer un sac avec juste un maillot de bain et une serviette, sans poser de questions. Le lendemain, je devais attendre au portail de la maison qu’on vienne me chercher. Il s’avérait qu’il était de mèche avec une amie à moi qui m’a kidnappée pour une journée de détente qu’il avait organisée. Une journée au spa et un très bon resto payé par Julien pendant qu’il s’occupait des enfants. Le soir, quand je suis rentrée à la maison, il avait décoré, préparé une soirée romantique et me dit « Ce soir c’est le premier jour du reste de notre vie. Depuis que nous avons les enfants on se déchire, je ne veux plus de cette vie-là, je t’ai délaissée en tant que femme... Je veux que cela change ». J’ai eu à nouveau des papillons, et je me suis dit que je l’aimais encore. Aujourd’hui, il a conscience que ma charge mentale a failli avoir raison de notre couple. Il essaye vraiment de partager les contraintes. »

Aujourd’hui, Mélina se sent plus forte que jamais, le couple est ressorti plus fort de toutes ces épreuves.

La rédaction de La Maison des Maternelles