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Baby blues ou dépression post-partum ?

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Publié le 25.04.2019 à 13h34 
(mis à jour le 04.09.2019 à 19h02)

Après un accouchement, 80 % des femmes sont saisies de pleurs incontrôlable : c’est le baby-blues. Parfois, cet état évolue en véritable épisode de détresse : la dépression post-natale.

Baby blues et dépression post-partum : quelles différences ?

Il ne faut pas confondre ces deux termes. Comme le rappelle, le docteur Michel Dugnat, pédopsychiatre au sein de 2 unités mères-bébés à Marseille et Avignon, le baby blues est un état émotionnel qui concerne 80% des femmes :

« Le baby blues est purement physiologique car il est dû à l’effondrement hormonal après l’accouchement. Généralement il se manifeste à partir du troisème jour qui suit l’accouchement, ce qui correspond, souvent, à la sortie de maternité. L’expérience de la maternité et l’épreuve de la naissance dépassent les expériences habituelles : baisse d’hormones, état de fatigue, manque de sommeil, parfois difficulté d’allaitement … Le baby blues dure 1 semaine à 10 jours. »

Alors que le baby blues est un état passager, la dépression post-partum est un état dépressif plus ancré, qui se déclenche, selon l’expert, 6 à 8 semaines après l’accouchement :

« La patiente peut ressentir une fatigue extrême, un manque de plaisir à s’occuper de son bébé, une irritabilité, des insomnies ou hypersomnies, de la tristesse, avoir des idées noires. Elle vit cet état comme une défaillance personnelle. Il existe un auto questionnaire : l’Edinburg postnatal depression scale (EPDS), qu’on peut se procurer sur internet et qui, en 12 questions, peut donner des éléments sur l’état psychologique. Il faut alors consulter. »

La prise en charge

Si les symptômes persistent il faut consulter un spécialiste, un médecin traitant ou la sage-femme qui sauront orienter la maman. Il est également très important pour elle que son conjoint puisse prendre son congé paternité afin d’être présente et de l’épauler.

Il existe des associations, comme Maman Blues qui peuvent aider les jeunes mères et, surtout, les unités mères-bébés (Paris, Saint-Denis, Lille, Nantes, Marseille, Strasbourg…). Ce sont des lieux qui accueillent les mamans avec leurs bébés avec un personnel adapté comme l’indique le docteur Dugnat :

« Dans une unité mère-enfant les femmes viennent soit 1 fois par semaine, soit pendant toute la semaine 7 jours sur 7. Elles sont accompagnées pour tous les gestes simples avec leur enfant, par des psychologues, infirmières et médecins qui ne les jugent pas. »

Le pédopsychiatre précise que, dans certains cas, un traitement psychothérapique peut aider les mères à sortir de cette dépression, voire, des antidépresseurs si la pathologie est très handicapante. Et pas de panique concernant la relation mère-enfant :

« Les mères dépressives ont plus de difficultés à interagir avec leur bébé on peut alors parler d’indisponibilité maternelle mais c’est un état transitoire. Le suivi en unité parents-enfant permet de recréer la relation parce que les femmes sont accompagnées. »

La rédaction de La Maison des Maternelles