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Autisme : l’importance d’un dépistage précoce 

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Publié le 01.04.2021 à 17h07 
(mis à jour le 06.04.2021 à 10h37)

Claire Compagnon, déléguée interministérielle à la stratégie nationale pour l’autisme, nous explique les mesures prises pour améliorer le dépistage précoce des troubles autistiques.

Dahlia est la maman de Liam, 8 ans. Très tôt, vers 15 mois, la maman se rend compte que quelque chose ne va pas. Commence alors une longue bataille pour faire diagnostiquer son fils :

« Les médecins avaient pour norme de dire qu’il fallait attendre jusqu’aux 3 ans de l’enfant. Alors certes c’est bien d’attendre pour voir comment l’enfant évolue, c’est bien de laisser les enfants évoluer à leur rythme, mais c’est antinomique avec le dépistage précoce. Plus tôt on sait, plus tôt on peut aider l’enfant. »

Mais Dahlia ne veut pas abandonner, et se tourne vers un hôpital parisien :

« J’ai "postulé" auprès d’un l’hôpital de Paris pour avoir un dépistage précoce. Ça demande de faire une lettre de motivation, expliquer pourquoi on veut faire ce dépistage. N’ayant pas de réponse et après plusieurs appels au secrétariat, j’ai fini en larmes et ils ont décidé d’accélérer le processus d’accueil pour un pré-diagnostic. »

Diagnostiquer entre 18 et 24 mois

Claire Compagnon est déléguée interministérielle à la stratégie nationale pour l’autisme. Elle explique :

« On devrait pouvoir diagnostiquer entre 18 et 24 mois. Entre 0 et 6 ans les enfants ont une plasticité cérébrale qui permet de rectifier des trajectoires neurodéveloppementales. Quand on parle d’autisme, c’est cette catégorie générale du trouble du neurodéveloppement. On peut agir. Tout notre souci est de ramener cette précocité, ce délai de plus en plus tôt pour diagnostiquer et intervenir. 

Ce qu’il faut dire aux parents aussi, c’est qu’on n’est pas non plus obligé d’avoir un diagnostic abouti pour intervenir. Quand un enfant a des problèmes de motricité et de communication, certes c’est important de savoir ce qu’il a, mais il faut agir le plus vite possible. »

Des plateformes pour aider au repérage

Afin de faciliter le diagnostic de ces enfants, le gouvernement a mis en place depuis 3 ans des plateformes, qui permettent notamment aux médecins et pédiatres de mieux repérer les signes d’alerte :

« Nous avons mis en place depuis 2 ans des plateformes de repérages de diagnostic et d’intervention précoces, il y en a 63, on espère une centaine dès l’an prochain. Ces plateformes reçoivent les indications des médecins et pédiatres, les prennent en compte et mettent en place toutes ces interventions de bilans et de repérage précoce pour permettre à l’enfant d’être le plus vite pris en charge par des professionnels compétents. Ça c’est un point important : il faut des professionnels qui connaissent les outils de test, les méthodes d’intervention… C’est une des difficultés qu’on a encore aujourd’hui avec des médecins et des pédiatres, qui attendent, alors que les signes sont là. Avec une équipe de scientifiques, nous avons mis en place un outil de repérage, recenser les signes d’alerte pour outiller les médecins et pédiatres. »

La rédaction de La Maison des Maternelles