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« Arrêtons de fermer les maternités, et rouvrons celles nécessaires ! »

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Publié le 12.09.2019 à 16h02 
(mis à jour le 18.09.2019 à 17h33)

Les sages-femmes de 4 maternités du nord de la France dénoncent une baisse d’effectif et de la qualité des soins.

Anais Huguet-Bouillet est l’une d’entre elles et est à la tête du collectif inter-urgences gynécologiques obstétriques, nous l’avons rencontré.

LMDM - Comment se manifeste le manque de moyen que vous dénoncez ?

Anais Huguet Bouillet - C’est d’abord l’aspect humain. On demande une augmentation des effectifs au sein des maternités, mais aussi des effectifs matériels pour respecter les projets (de naissance, NDLR) des couples. On a aussi besoin d’une vision plus large, avec une sécurité et une proximité des soins pour les femmes et leur nouveau-né sur l’ensemble du territoire. Donc arrêtons de fermer les maternités, et rouvrons celles nécessaires ! 

Est-ce que ça vous arrive, par manque de temps et de moyen, d’avoir l’impression de « bâcler » votre travail auprès d’une maman ?

En 10 ans, nous avons augmenté de 5000 les entrées aux urgences, et  nous avons eu1400 naissance en plus, sans aucune augmentation de personnel. Notre profession est médical : c’est un art qui allie l’humain et la technique. Depuis de nombreuses années, nous sommes plus dans l’hyper médicalisation. Aujourd’hui on replace au centre l’humain, le respect des projets de chacun. L’écoute, l’accompagnement et cette approche nous demande beaucoup de temps, du temps que nous avons l’impression de ne pas avoir.

Vous dites que moins de temps avec une patiente, c’est aussi moins de temps pour déceler une éventuelle maltraitance, alors qu’on parle beaucoup en ce moment des violences conjugales, et de l’importance d’apporter de l’aide à ces femmes.

Oui, au moment de ce débat crucial, il est très important de rappeler le rôle de la sage-femme dans le dépistage des maltraitances, dans l’accompagnement des femmes en difficultés. Le temps permet d’instaurer une grande plage de confiance, de poser des questions sensibles, de soutenir et d’accompagner. On a besoin de plus de temps, plus d’effectifs, plus de moyens pour pouvoir remplir cette mission.

La rédaction de La Maison des Maternelles