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Annoncer le décès d'un proche à un enfant

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Publié le 07.09.2021 à 14h05 
(mis à jour le 14.09.2021 à 10h12)

Comment annoncer la mort d’un proche à un enfant, particulièrement lorsque celle-ci arrive de façon brutale ? Hélène Romano, psychologue, répond à LMDM.

Hélène Romano est psychologue et auteure notamment du livre « Accompagner le deuil en situation traumatique » aux éditions Dunod. En cas de décès d’un proche, elle recommande de ne pas se précipiter pour l’annoncer à l’enfant :

« Il faut essayer de médiatiser (constituer un intermédiaire, NDLR) c’est-à-dire ne pas d’emblée se précipiter à annoncer et de bien recadrer que c’est le médecin qui fait le constat du décès : « Papa a eu un accident, le docteur qui s’occupe de papa m’a dit que c’était très grave, son cœur s’est arrêté… » Car chez l’enfant, celui qui dit, est. »

La psychologue précise cependant que dans ces contextes-là, la personne qui va annoncer le décès à l’enfant fait souvent comme elle le peut :

« Au moment où l’on annonce la nouvelle, on fait ce qu’on peut comme on peut. Mais dans l’après coup, si on peut anticiper, il faut essayer de dire « Le docteur a dit que » : ce qui est une réalité ! »

Peu importe l’âge, il est important selon la spécialiste de prononcer le mot « mort » même s’il peut paraitre violent :

« Si on dit à l’enfant que la personne est décédée, ou partie, ou au ciel, qu’il a disparu, qu’il s’est endormi… l’enfant risque de ne pas comprendre. »

Cependant, la psychologue conseille également de ne pas simplement dire que la personne est morte, mais préciser à l’enfant que « le cœur s’est arrêté » : 

« C’est universel, les enfants les plus petits le comprenne, les enfants plus grands aussi, même les adultes sous le choc vont comprendre : le cœur s’est arrêté, il est mort. »

En cas de maladie grave du conjoint ou d'accident 

Quand une femme est enceinte et que le futur papa a une maladie grave avec un pronostic vital engagé (ou suite à un accident) il peut être essentiel de penser à faire une déclaration anticipée de paternité si le couple n’est pas marié, explique Hélène Romano :

« Sil le couple est marié il y a ce que la loi appelle "une présomption de paternité" donc l’enfant aura dans son état civil inscrit le nom de son père. Mais si le couple n’est ni marié, ni pacsé, cette présomption n’est pas applicable. Le futur papa (qu’il soit en parfaite santé ou malade) n’a aucun droit à un mécanisme automatique de filiation, il doit faire la démarche de reconnaissance sinon sa filiation ne peut pas être actée. La seule solution est de reconnaitre sa paternité avant la naissance de l’enfant. Un représentant de l’état civil de l’hôpital peut venir faire l‘enregistrement auprès du futur papa s’il ne peut pas se déplacer. C’est une démarche fondamentale pour le devenir de l’enfant car son père sera inscrit dans son état civil. Le choix du prénom de l’enfant peut aussi être décidé entre les parents à ce moment-là. L’acte de naissance revêt une importance fondamentale, c'est avant tout parce qu'il fonde l'existence juridique d'une personne et pour un enfant savoir qu’il a été reconnu par son père est essentiel pour qu’il puisse se construire sereinement. Sans cette reconnaissance anticipée et s’il y a décès du père avant la naissance, il y aura une impossibilité matérielle à établir la paternité, empêchant l’enfant de disposer d’une filiation paternelle à sa naissance. »

Retrouvez toutes les informations sur ce sujet sur le site du gouvernement légifrance. 

La rédaction de La Maison des Maternelles