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Allaitement : plus c’est long, plus c’est bon ?

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Publié le 16.03.2020 à 10h54 
(mis à jour le 16.03.2020 à 19h16)

Si le taux de bébés allaités est de 71% à la naissance, il chute rapidement : la durée de l’allaitement en France n’est en moyenne que de 3 mois, ce qui est donc bien en dessous des recommandations de l’OMS.

Oriane Emmanuel-Émile est diététicienne et conseillère en lactation, Sokona Saint-Aignan est infirmière puéricultrice, elle a longtemps travaillé en PMI. Toutes deux nous parlent de l’allaitement non écourté. 

Les bénéfices 

Voici les différents bénéfices recensés par Oriane Emmanuel-Émile : 

Pour le bébé

  • Cela couvre une bonne partie des besoins nutritionnels de l’enfant.
  • Cela diminue les risques d’infections de la sphère ORL, l’asthme et les risques d’obésité infantile.

Pour la maman 

  • Cela peut, dans certains cas, favoriser la perte de poids.
  • Cela prévient l’apparition de certains cancers. 
  • C’est également efficace pour lutter contre l’ostéoporose : statistiquement les femmes qui allaitent longtemps ont une meilleure densité osseuse au moment de la ménopause.
  • Enfin, le côté économique, non négligeable puisque le lait maternel est 100% gratuit. 

Sevrer un grand, c’est plus dur ? 

Quel que soit l’âge, le sevrage peut-être une étape difficile pour la mère et l’enfant. Lorsqu’il y en a un, l’aide du conjoint peut-être une bonne chose. Un enfant plus grand pourra verbaliser ce qu’il ressent et il sera plus facile pour la maman de lui expliquer. En revanche, cela peut-être plus difficile pour elle de mettre fin à l’allaitement, certaines parlent même de « deuil » de leur allaitement. Pour notre conseillère en lactation c’est d’abord une question de dialogue : 

« Déjà il faut que la maman soit bien décidée dans sa tête et le conjoint aussi, pour qu’il puisse accompagner cette décision (prendre le relais au coucher s’il y avait une tétée du soir, etc.) car sinon l’enfant sent qu’il y a une ouverture possible. Ensuite, en parler beaucoup à l’enfant et expliquer ça plutôt en dehors du moment des tétées pour anticiper. Sinon, ça reste la même chose qu’un sevrage pour un tout-petit, si ce n’est que l’enfant peut beaucoup plus exprimer son mécontentement ! »

Au secours, il me réveille toutes les nuits ! 

Il arrive que des enfants même plus grands continuent de réclamer des tétées la nuit, cela peut être très difficile à vivre et décourager certaines femmes, dans ce cas, Sokona Saint-Aignan conseille de poser des limites :

« Théoriquement, à partir de la diversification, l’enfant n’a plus de besoin nutritif la nuit. Quand il réclame des tétées la nuit, je pense qu’il recherche plutôt une proximité avec son parent : il ne faut pas oublier que la succion apaise et réconforte. Cela pourrait être bien, si ce n’est pas déjà le cas, de bien distinguer le moment de la dernière tétée et le moment de l’endormissement. Si l’enfant s’endort en tétant, il peut se réveiller et réclamer le sein qui n’est plus dans sa bouche. Ensuite, on essaye de répondre à la demande lors des réveils nocturnes sans le sein : avec le réconfort des bras. Et on en parle pendant la journée : « Tu n’as plus besoin de manger la nuit, mais si tu as besoin on pourra faire un câlin ». On y va progressivement pour que ça ne soit pas trop violent pour l’enfant, ça peut ne pas marcher les premières nuits, il faut qu’il intègre. »

Et bien sûr, si l’on ne se sent pas le courage d’allaiter aussi longtemps ou d’aller jusqu’au sevrage naturel, pas de jugement ! Chacune fait comme elle l’entend et doit être libre de son choix.

La rédaction de La Maison des Maternelles