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Adoption à l’étranger : ce qu’il faut savoir

4 min de lecture
Publié le 02.06.2020 à 18h59 
(mis à jour vendredi dernier à 11h38)

Quel pays ? Quel délai prévoir ? Une adoption à l’étranger ne s’improvise pas nécessite un projet défini et concret. LMDM vous aide à y voir plus clair.  

Nathalie Parent est présidente de la fédération nationale Enfance et Familles d’Adoption (EFA). Elle nous éclaire sur les conditions d’adoption à l’étranger.  

Pourquoi l’étranger ?

Il y a quelques années, les familles adoptantes avaient tendance à se tourner vers l’étranger parce que les délais étaient plus courts. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, comme explique Nathalie Parent :

« Aujourd’hui les personnes qui s’orientent vers une adoption à l’étranger le font soit parce que le pays propose des enfants qui correspondent à leur projet, soit parce qu’ils ont une relation particulière avec un pays donné. Parfois c’est parce qu’ils pensent qu’ils auront plus de facilité à adopter à l’étranger. »

Le projet 

Le projet d’adoption est essentiel lorsque l’on doit choisir un pays pour adopter un enfant. Tous les pays ont des critères différents. Il convient de se poser plusieurs questions. 

  • Quelle est ma situation maritale ? 

Tous les pays par exemple n’acceptent pas les parents solos, c’est le cas notamment de Madagascar. De la même façon, Nathalie Parent nous explique que les adoptions homoparentales ne sont pas acceptées partout : 

« Il y a très peu de pays qui acceptent l’adoption de familles homoparentales. Ce sont les pays qui décident de leurs critères ils sont totalement maîtres chez eux. Parmi ceux qui acceptent, il y a notamment l’Afrique du Sud et le Brésil. »

  •  Quel est mon niveau de vie ? 

Certains pays exigent un niveau de vie particulier pour l’adoption d’un enfant. Par exemple la Chine, qui demande un certain niveau de revenus (10 000 $ annuels). 

  • Quel est mon âge ?

Les pays indiquent également des critères d’âges pour les parents. C’est notamment le cas de la Thaïlande qui demande à l’adoptant un âge minimum de 25 ans et impose un maximum de 48 ans d’écart avec l’enfant adopté. 

  • Quel enfant suis-je prêt(e) à accueillir ? 

Les pays signataires de la convention de La Haye du 29 mai 1993 s’engagent au principe de subsidiarité. C’est-à-dire que l’adoption internationale est subsidiaire (elle passe après) l’adoption nationale. Les enfants proposés à l’adoption internationale sont donc ceux pour lesquels il n’a pas été trouvée de solution dans leur pays d’origine. 

Pour cette raison, certains pays proposent à l’adoption internationale uniquement des enfants de plus de 6 ans, ou bien des fratries. Ou alors des enfants avec des problèmes de santé ou des handicaps. Nathalie Parent insiste sur ce point, selon les pays, il faudra parfois plus de 10 ans pour adopter un bébé en bonne santé, si la demande est acceptée. 

« Pour une famille qui souhaite adopter un enfant porteur du VIH par exemple, cela sera beaucoup plus rapide, car le pays en question n’aura pas forcément les moyens de le prendre en charge ou que les locaux ne voudront pas l’adopter. »

De la même façon il est important de se demander si l’on est capable d’adopter un enfant de 7 ans ou plus. Et c’est ainsi que le dossier se constitue et que le choix du pays s’impose. 

La durée d’une procédure 

« Ça dépend des pays et du projet encore une fois, en Chine pour un bébé en bonne santé, ça peut prendre plus de 10 ans, en Haïti 18 mois » nous assure Nathalie Parent.  

Nationalité, lien avec le pays d’origine 

  • L’enfant conserve-t-il la nationalité du pays dans lequel il est né ? 

Tout dépend des pays : un certain nombre de pays reconnaissent la double nationalité, d’autres demandent à ce que l’adopté fasse un choix à leur majorité. Enfin, pour d’autres comme la République Démocratique du Congo, l’enfant perd sa nationalité d’origine pour prendre celle des parents lorsqu’il est adopté.

  • Garder le lien 

Pour Nathalie Parent il est important d’intégrer l’enfant à sa famille et de lui offrir la culture de son pays d’adoption, cela participe au lien avec les parents. D’autant plus qu’il n’est pas forcément idéal que les parents tentent de s’approprier la culture d’origine de l’enfant, pour elle : « la culture ne s’apprend pas, elle se vit. » Néanmoins, elle précise qu’il est très important de parler de façon positive du pays d’origine de l’enfant et de ne surtout pas le dénigrer, car cela revient à dénigrer l’enfant lui-même. 

Il est important de garder la porte ouverte aux questions de l’enfant sur ses origines, lui permettre d’apprendre sa langue d’origine s’il le souhaite. Il ne faut rien imposer, tous ne souhaitent en savoir plus, pour certain cela vient une fois adulte, mais s’il y a une demande, il est bon d’y répondre. 

Avoir de l’aide 

Il n’existe pas aujourd’hui de préparation obligatoire à la parentalité adoptive, c’est l’un des grands combats de l'association EFA : 

« C’est un manque, il faudrait vraiment que cela devienne obligatoire, pour que les parents puissent apprendre à faire face aux questions et réactions de l’enfant. »

Néanmoins, il est important d’aller chercher l’aide là où elle se trouve et de ne pas se lancer seul dans les démarches. Il s’agit d’un processus parfois long et douloureux et les associations sont là pour aider les futurs parents. Il existe des associations de familles pour la plupart des pays ouverts à l’adoption à l’étrangers.

à noter

Pour retrouver la liste des pays et leurs conditions, vous pouvez vous rendre sur le site France Diplomatie, rubrique « adoption à l’étranger ». De nombreuses informations et propositions d’aide sont également disponible sur le site de l’EFA : https://www.adoptionefa.org
Marie Marmouset