france.tv

Accouchement à domicile : "Il y a urgence à se pencher sur la question !"

2 min de lecture
Publié le 06.01.2021 à 10h58 
(mis à jour le 11.01.2021 à 18h07)

Pour Anna Roy, sage-femme, est urgent que la question de l'accouchement à domicile soit étudiée, afin de répondre à la demande des femmes qui souhaitent y accéder.

« L’accouchement à domicile est une demande des femmes, qu’est-ce qu’on en fait ? Déjà, les gens disent : "Pourquoi veulent-elle accoucher à domicile ?", je leur réponds "Mais pourquoi pas ?". Au Royaume-Uni, aux Pays Bas, on l’encourage carrément, et ils ont des indicateurs périnataux meilleurs que les nôtres, ils ne mettent pas en danger les femmes qui accouchent à domicile. Et puis il y a un côté vraiment magique à l’accouchement à domicile, hyper intime, familial. » 

Selon les détracteurs de l'accouchement à domicile, celui-ce serait dangereux. Un argument qui, selon Anna Roy, ne se base pas sur des études précises :

« Il y a des sages-femmes et médecins qui sont contre, ils estiment que c’est trop dangereux. Pourtant, il n’y a pas d’études françaises puissantes qui prouvent cet argument. Donc on ne peut pas vraiment savoir. »

Selon Anna Roy, la réticence de certains à l'accouchement à domicile rappelle celle envers les maisons de naissance il y a quelques temps :

« Ma position n’est pas de dire je suis pour ou contre, mais il y a une demande, donc on doit s’emparer de la question. Pour les maisons de naissance par exemple, au début tout le monde disait : "C’est horrible, c’est rétrograde, c’est dangereux" et finalement on s’aperçoit que c’est super, et on les développePourquoi ne le ferait-on pas avec l’accouchement à domicile ? »

Il y a donc, pour la sage-femme, une vraie urgence à s'emparer de cette question pour apporter une réponse à la demande, et pour permettre aux femmes d'accoucher à domicile en toute sécurité :

« Il faut se pencher sur la question et réfléchir à comment on peut faire des accouchements à domicile de façon sécuritaire, plutôt que de dire "non" et dénigrer cette question. On peut déterminer ce qu’est le bas risque obstétrical, réfléchir à la question de la distance du domicile à la maternité, etc. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que finalement peu de femmes pourront prétendre à l'accouchement à domicile, car le bas risque obstétrical ne peut pas exister pour toutes : il y a l'âge, le diabète, des facteurs de coagulation, etc. Et il y a les transferts, c'est-à-dire les accouchements qui commencent à domicile et finalement finissent à l'hôpital, donc il faut réfléchir à cela : pourquoi ne pas par exemple avoir des sages-femmes dans les services de SAMU qui pourraient gérer les transferts, comme cela se fait dans d'autres pays ? »

La rédaction de La Maison des Maternelles