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72% de risques en moins de malformation fœtale avec la vitamine B9

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Publié le 13.10.2020 à 16h11 
(mis à jour mardi dernier à 11h29)

Des professionnels de la santé expliquent que prise en amont d’une grossesse, la vitamine B9 ou acide folique, permettrait d’éviter de graves handicaps.

« Il faut savoir que les futurs parents sont insuffisamment informés, et peu sensibilisés à l’importance de préparer la grossesse, et notamment de prendre cette vitamine B9 ou folates, ou acide folique qui est la forme synthétisée. »

Le docteur Philippe Bouanna est gynécologue obstétricien, chef de service du centre prénatal de l’Hôpital américain de Neuilly-sur-Seine, échographiste spécialisé au centre Sèvres-Babylone. Il s'associe au docteur Harvey, chef de service à la maternité des Diaconesses, au professeur Zerah, responsable de l’unité handicaps au service neurochirurgie pédiatrique de l’hôpital Necker et François Haffner, président de l’Association nationale Spina Bifida et handicaps associés, pour lancer un appel afin que les femmes qui souhaitent concevoir un bébé suivent un traitement de vitamine B9.

Diminuer les risques de handicaps de 72 %

Les 4 professionnels ont signé une tribune dans les colonnes du Figaro pour appeler leurs collègues, les services publics mais aussi les futurs parents à améliorer la prévention autour de la prise de vitamine B9, et ainsi empêcher certains risques de malformations embryonnaires, comme le rappelle le docteur Bouanna :

« Toutes les études vont dans le même sens pour dire que la prise de cette supplémentation vitaminique va permettre de diminuer statistiquement les risques fœtaux et les risques d’anomalies de fermeture du tube neural qu’on appelle également le Spina Bifida. »

Ces anomalies entraînent de lourdes conséquences et de graves handicaps. Elles s'installent durant les premières semaines de grossesse, au moment où le système nerveux du fœtus commence à se développer. Cela représente, actuellement, un des principaux risques de handicap en France, avec l’équivalent de 750 grossesses par an selon le registre Eurocat.

Une prise régulière sans danger pour la patiente

Comme les 4 experts rappellent, la prise de vitamine B9 en amont de la grossesse pourrait réduire ces risques de 72 %. D’où l’importance pour eux d’appeler les couples qui souhaitent un bébé à se renseigner pour que la femme prenne de l’acide folique :

« Le principal problème c’est que la prise doit être faite en périconceptionnel. Et donc, la femme doit prendre cette vitamine B9 un mois avant la conception. Et je pense que le problème réside là. Parce qu’il n’y a aucune femme sur cette planète qui peut savoir, que si elle souhaite un enfant, un mois après elle sera enceinte. Donc ce flou rend la chose un peu plus légère et on ne se rend pas compte finalement de l’importance de cette supplémentation vitaminique. »

Une prise régulière de cette vitamine et sur une longue durée est sans danger, comme l’a confirmé une étude Cochrane et comme le rappel le gynécologue :

« On a bien montré, et toutes les études vont dans ce sens, que la prise d’acide folique, même en excès ou sur une très longue période, n’engendre aucun problème. Tout simplement parce que tout ce qui va être en plus dans le corps de la patiente, si les seuils de tolérance sont dépassés, cela sera éliminé par les urines. Finalement c’est que du bonus. C’est quelque chose qui fonctionne. Donc il y a tout à gagner à prendre ce traitement. »

Elia Dahan