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4 générations sous le même toit : « Je vis avec ma grand-mère, ma mère et mon fils ! »

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Publié le 27.01.2022 à 13h26 
(mis à jour le 02.02.2022 à 14h27)

Suite à une grossesse surprise et une rupture amoureuse, Marion choisit de retourner vivre chez sa maman, qui loge sa grand-mère. Ces 3 générations de femmes cohabitent sous le même toit et ont accueilli le fils de Marion il y a 10 mois !

Un choix évident

Marion a grandi avec des modèles de femmes indépendantes et a une relation très fusionnelle avec sa maman. Ses parents ayant divorcé tôt, elle les a peu connus ensemble. Alors qu’elle habite en couple à Lille, elle apprend qu’elle est enceinte : un événement imprévu qui l’amène finalement à une rupture amoureuse. C’est l’élément déclencheur :

« Au 1er trimestre j’étais malade, seule à Lille, et la rupture était quand même difficile à digérer. Le 2ème confinement s’annonçait… Le choix s’est assez vite imposé de rentrer au bercail ! Ma mère m’a elle-même proposé de venir habiter avec elle : « Tu rentres à la maison sans souci, je serai là pour veiller sur toi » J’ai trouvé ça hyper rassurant. Même si je n’allais pas être dans un schéma de couple classique il y aurait un foyer aimant autour de cet enfant. »

Marion a la sensation de rentrer chez elle et ne voit pas ce déménagement comme quelque chose de temporaire. Cette solution lui permet d’être entourée, de vivre dans un cadre de vie agréable, et de partager les charges avec sa famille.

Une grossesse entourée de femmes

Marion rejoint donc sa mère de 54 ans et sa grand-mère de 94 ans en Bretagne : elles habitent toutes dans la maison des arrière-grands-parents. Un lieu chargé de l’histoire familiale où Marion a passé de nombreux week-ends et vacances. Sa maman lui fournit une aide précieuse car Marion passe une grande partie de sa grossesse alitée. C’est aussi elle qui l’accompagne à toutes les échographies et la rassure sur ses questionnements :

« C’était réconfortant d’être entourée de femmes qui connaissaient déjà la grossesse. Par exemple c’est tout bête mais une nuit mon bébé a eu le hoquet pour la première fois et je ne savais pas ce que c’était ! C’était en pleine nuit. Je suis allée réveiller ma mère : « Maman je crois qu’il se passe un truc ! » La pauvre ! Mais elle m’a rassurée tout de suite ! »

Si sa maman a été sa personne de référence pendant toute la grossesse, elle a aussi été d’un indéfectible soutien lors de l’accouchement. Touchée par un HELLP Syndrome (grave atteinte du foie, NDLR), Marion a dû accoucher en urgence par césarienne prématurément :

« C’était la seule à pouvoir me rendre visite et je pense que j’avais besoin de ma maman à ce moment-là. C’est la 1ère personne que j’ai vue après la césarienne. Elle faisait la navette pour moi, allait prendre des photos et vidéos du petit en néonat car pendant mes 5 jours en réanimation je n’ai pas pu le voir… Donc c’est une grand-mère mais elle surpasse le rôle de n’importe quelle grand-mère. »

La cohabitation à 4 générations

Partager les nuits, porter le bébé souffrant de RGO, le prendre sur les genoux le temps que Marion puisse simplement aller aux toilettes... Tout le soutien logistique est assuré avec succès par la grand-mère et la maman de Marion qui accueillent ce petit garçon avec enthousiasme. Et malgré des visions très différentes de la parentalité, les 3 générations arrivent à échanger plutôt paisiblement sur leurs pratiques :

« On me laisse faire à ma sauce mais par exemple ma grand-mère n’allaitait pas (moi si), elle donnait un biberon avec un peu de farine dedans. Elle m’a déjà demandé : « Pourquoi tu ne mets pas de farine dans le biberon ? » Parce que je n’ai pas de biberon mamie ! D’un autre côté, ma mère ne connaissait pas tellement le porte-bébé mais elle trouve ça génial ! Elle en profite pour faire des choses qu’elle n’a pas pu faire avec moi et se promène comme ça avec mon fils. »

Grâce à une aide à domicile aujourd’hui employée par Marion, sa maman a pu reprendre une vie plus normale et retrouver un rôle « classique » de grand-mère. Malgré tout, quelques frictions persistent au quotidien, comme dans toute cohabitation en famille :

« Quand on vit en famille on reste toujours « l’enfant de » … Nos parents restent nos parents ! Parfois le rôle de parent prend le dessus. Je regarde ma mère de 54 ans et ma grand-mère qui se frittent et je compte les points ! Et moi pareil avec ma mère… Ces rôles restent, on grandit mais on reste le petit ! » 

Marion n’étant pas prête à se remettre en couple, elle profite de ce cadre dans lequel elle s’épanouit et se sent entourée, sans planifier la suite de manière arrêtée. Si elle est amenée à quitter la maison à un moment ou un autre, elle sait qu’elle y reviendra sûrement !

La rédaction de La Maison des Maternelles